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Bleu gris, entre tamaris

dimanche 31 décembre 2017

Un mot pousse l’autre, et fait surgir au balcon une idée, une image, un autre mot qui lui-même déroule sa pelote…
Ainsi la phrase se forme, se déroule et s’enroule, revenant sur ses pas, résonnant dans la ruelle, attrapant une fleur, un parfum, une silhouette. Elle ignore où elle va, mais elle s’aventure, elle a confiance en elle-même, et si elle perd le fil, la relecture lui donnera le sens perdu, le quartier n’est pas si vaste qu’on puisse s’y perdre ou s’y noyer….

Bleu gris, entre tamaris
A travers le filtre des nuages les nuances se complètent, s’épaulent, s’harmonisent.
Un mot rêvé ouvre toutes grandes les portes de la phrase, associations d’idées et consonances sonnent la charge, elle roule, déferle comme un ras de marée, emportant toute logique sur son passage, construisant seule la pensée diffuse, fugace, évanescente qui se brûle à sa naissance.

La fresque sauvage…
....se pare de civilité loin des frasques solaires, et devient une bordure colorée, harmonieuse sous les couleurs douces du ciel et de la mer.
Si, à portée de main, il n’y a pas de carnet, un crayon, le rêve épuisé se dissout dans l’éther, bousculé, chassé par une autre vision. La pensée est instable quand elle n’est pas rivée sur un objet donné. Elle est à son plaisir, à ses divagations, heureuse dans sa fumerie d’opium….

Gîte par mer calme
La fleur de cactus a présumé de ses forces, sa hampe ploie. Bientôt couchée et sèche, elle n’accrochera plus l’œil du photographe….
La photo dit ceci, mais elle pourrait tout aussi bien dire cela. Peu importe ce qu’elle dit. Seul compte ce qu’on entend. Et qu’entend t-on à la croisée de deux obliques, d’une horizontale et d’une oblique posées comme des lames de ciseaux ? Le cri d’une césure.

Nuances de jaune orange
Couché dans l’escalier, et bientôt invisible. Les feuilles de lierre, par mimétisme, absorbent ses teintes et vont l’avaler…
Enfant j’aimais le verre de jus de raisin pris à la station uvale, la barbe à papa, qui collait aux dents et aux joues, j’aimais les sucreries, j’aimais déjà les douceurs, le mélange des couleurs, l’harmonie reposante.

Le figuier de la calanque …
...porte toujours des figues et toujours répand son parfum alléchant de fruit roi du Midi
« Comme le fruit se fond en jouissance, Comme en délice il change son absence. Dans une bouche où sa forme se meurt, Je hume ici ma future fumée… » Paul Valery, assis sur le muret du cimetière marin, laissait- il fondre, en écrivant ces vers, une figue sur la langue… ?

Aster maritimus
Plante halophile du littoral qui ignore le régime sans sel….
Au gré de nos pas l’esprit vagabonde, il se raconte des histoires, des histoires sans suite, sans queue ni tête, hachées. Comme la lumière à travers un vitrail qui s’illumine et puis s’éteint, chaque pas est une barrette de plomb, disruptif. A l’aiguillage le contrôleur est saoul…
Voilà pourquoi j’aime la marche.

Griffe de sorcière
Plante invasive des terrains littoraux, des sols sablonneux. Son développement empêche les espèces locales de se reproduire.
Toutes ces sautes d’aiguillages composent un panel fou, coloré, sonore. C’est une fête foraine qui court dans la rue, collée à mes baskets. Je m’arrête, elle s’arrête. Je repars, elle repart.
Suis-je le seul à être si bien accompagné ? Bizarrement les autres passants font partie de la troupe, ils tiennent cortège, ils jouent leur partition.
Mais ces acteurs de ma fête ne seraient-ils pas accompagnés, eux aussi, dans ces mêmes rues, de leur propre fête foraine ?…

Queue de lièvre
Le panache remarquable de cette graminée lui vaut son sobriquet…
S’il en était ainsi, que chacun d’entre nous soit suivi d’une fête foraine, ne conviendrait-il pas de s’arrêter au premier carrefour et de libérer hautbois, bassons et cordes ?
Oui, mais non, ce n’est pas possible de s’arrêter, une marche qui s’arrête arrête sa symphonie, chasse les vapeurs d’opium et ne laisse subsister que crampes et mal aux pieds…
Dommage, mais nous aurions pu essayer…


La chaîne sur le quai...
... relie deux mondes, marin et terrestre. Mais, instrument de ségrégation, elle sépare aussi les hommes.
Comme la musique la marche unit, en laissant sur le chemin chacun en soi, et non chacun pour soi.

Fond marin
Quand le gravier devient flou, et se frotte et danse comme un fou au pied des quais.
La tête sous l’eau, les soucis restent en surface, ils surnagent. La tête sous l’eau est une plongée en soi. La tête sous l’eau, clap de « Cent mille lieues sous les mers ».

Dégradé de couleurs...
…. ou doigts de pied jouant avec les flots ?
Au gré de nos pas, les pieds sont à surveiller comme des dieux….

Bonnes randos et, pour 2018, meilleurs vœux

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