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La grotte Cosquer

lundi 20 novembre 2017

La grotte Cosquer est située dans les Calanques, près de Marseille, au cap Morgiou. Elle est accessible par un tunnel long de 175 mètres dont l’entrée est à 37 mètres de fond.

Unique au monde, cette grotte sous-marine abrite plusieurs dizaines d’œuvres peintes et gravées il y a environ 27 000 et 19 000 ans.

Ornée de divers animaux terrestres, elle compte également des phoques et
des pingouins, 55 mains négatives et d’innombrables tracés digitaux, des dizaines de signes géométriques ainsi qu’une gravure exceptionnelle représentant un "homme tué".

Afin de préserver ce site exceptionnel, mais également pour des raisons de sécurité, son accès est fermé au public. Une représentation de la grotte en images de synthèse 3D a été réalisée par EDF, en 1994.

Coupe de la grotte

Ci joint le plan de la grotte et la disposition spatiale de quelques photos présentées. La salle émergée mesure 60 mètres de diamètre et plus de 100 mètres avec les parties immergées.

Plan de la grotte

Les animaux marins

Dans les grottes ornées paléolithiques, les animaux marins sont très rarement représentés. Dans la grotte Cosquer, ils constituent une part non négligeable (11 %) de l’effectif total des figures. Pingouins, phoques, poissons et divers signes pouvant évoquer des méduses ou des poulpes ont été dessinés ou gravés dans la roche.

Pingouins ; 27 et 26 cm

C’est la première fois que des pingouins sont figurés dans l’art quaternaire, bien que des ossements de Grands Pingouins Alca Impennis aient été signalés dans plusieurs habitats méditerranéens du Paléolithique supérieur (Gibraltar, Italie du Sud, Golfe de Gènes).
Il s’agit probablement du "grand pingouin", encore très répandu dans l’Atlantique nord au XIXe siècle, mais massacré par les marins et les pêcheurs pour sa chair comestible.

Les animaux terrestres

A coté des ces représentations figurent 142 animaux terrestres . Voir la page

Les mains

Témoignage émouvant de la vie des hommes du Paléolithique, plus d’une cinquantaine de mains ont été découvertes dans la grotte. Elles ont été dessinées aussi bien en négatif (pochoir) qu’en positif (enduites de colorant et appliquées sur la roche). Elles sont toutes situées dans la partie droite (est) de la grotte, semblant ainsi jalonner un cheminement qui mène au grand puits, aujourd’hui noyé, mais qui jadis constituait un gouffre obscur, profond de 24 mètres, qui a dû effrayer les premiers visiteurs de la grotte, il y a 27.000 ans.

Main négative sur fond noir

Ce massif stalagmitique, situé près du grand puits noyé porte un groupe de huit mains gauches. Ces mains, aux doigts raccourcis, ressortent sur un fond de charbon de bois pulvérisé.

Mains négatives à doigts incomplets

Le manque de phalanges apparaissant sur les mains dessinées a suscité de nombreuses interrogations. S’agit-il de témoignages de mutilations, de sacrifices rituels , de maladies circulatoires ou de doigts gelés ?. Sur ces mains aux doigts incomplets, le pouce est toujours intacts, ce qui élimine d’emblée l’hypothèse de gelures graves ayant entraîné la nécrose des phalanges. Aucun squelette du Paléolithique supérieur retrouvé à ce jour ne présente des mains aux phalanges incomplètes.
L’hypothèse la plus probable serait alors que les mains étaient dessinées avec les doigts repliés, signe de reconnaissance ou langage codé, vraisemblablement lié à la chasse et à divers rites, langage silencieux jadis utilisé par des peuples chasseurs tels les Bushmen, ou les Aborigènes d’Australie.

Série de tracés digitaux

Les tracés digitaux sont présents partout dans la grotte et liés à la phase ancienne.

Direction scientifique : Jean Clottes et Jean Courtin

Reproduction avec l’aimable autorisation des Services de recherches archéologiques.