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L’Argens

lundi 20 novembre 2017

Principal cours d’eau du Var, le fleuve Argens traverse le centre du département d’ouest en est sur 114 km.

Il prend sa source à Seillons (près de Saint Maximin) à une altitude de 269 m et se jette à la mer à Fréjus.
Caractérisé par une pente faible et atypique, il traverse successivement la Provence calcaire, la plaine des Maures et la Provence cristalline à l’approche du massif des Maures.
Il est impossible de présenter l’Argens sans parler de l’ensemble de son bassin versan : drainant la moitié du département (2700 km2), l’Argens et ses affluents sont indissociables.

Le bassin versant représente l’ensemble des surfaces collectant et drainant l’eau des précipitations vers un même exutoire. Son périmètre marque la ligne de séparation des eaux au-delà de laquelle les précipitations s’écoulent vers un autre cours d’eau.

Le bassin versant de l’Argens est décomposé en sous-bassins versants (les bassins versants de ses affluents) homogènes et régulièrement répartis au long du fleuve.
Les principaux affluents de l’Argens sont d’amont en aval :

  1. en rive gauche :
    l’Eau Salée, la Cassole, la Bresque, la Florieye, la Nartuby, l’Endre, le Blavet
  1. en rive droite :
    la Meyronne, le Cauron, la Ribeirote, le Caramy et son affluent l’Issole, l’Aille, le Fournel.
    Bassin de l'Argens
    En noir : limite des bassins, en bleu : cours d’eau, en vert : le Var calcaire, en jaune : la plaine alluviale, en brique : le Var cristallin

Trois parties découpent schématiquement la rivière :

  1. Le cours amont (haute vallée),
    Qui correspond à une aire de réception d’importantes précipitations et à des pentes fortes, deux facteurs induisant une capacité d’érosion liée à la vitesse du cours d’eau, l’Argens, à l’inverse, se caractérise par une pente très faible d’où la présence de marais (Saint-Estève).
  1. Le cours moyen,
    Où, la pente s’infléchissant, le cours d’eau, perd sa vitesse et sa force érosive, mais garde sa capacité de transport des matériaux arrachés en amont. Là commence la sédimentation avec la dépose des plus gros matériaux. L’érosion s’exerce latéralement sur les berges.
  1. Le cours aval (basse vallée),
    Où, la pente et la vitesse diminuant encore, la sédimentation devient majoritaire et les méandres de plus en plus larges.

La zonation de la rivière se retrouve au niveau écologique :

  1. les eaux rapides, fraîches et bien oxygénées de l’amont accueillent des truites, des larves d’insectes rhéophiles (qui aiment le courant), des bryophytes (mousses)...
  1. les eaux lentes de l’aval, plus chaudes et moins oxygénées font le bonheur des sandres, des vers de vase et de nombreuses plantes aquatiques...
  1. la variété des habitats sur une station donnée entre radiers et mouilles, embâcles, souscaves et berges érodées, rochers et végétaux, permet d’accueillir une faune diversifiée (bergeronnette, martin pêcheur, cingle, guêpier..).

Bergeronnette

18 cm, 20 g Queue longue, tête et dos gris, menton et gorge noirs, dessous du corps jaune clair. Balance la queue, vol onduleux, souvent proche de l’eau. Chante perchée ou en vol. Habitat : ruisseaux et cours d’eau. Couvaison de mars et juillet. 4 à 6 oeufs. Nid dans de petites cavités.

 

On appelle ripisylve le couloir de végétation qui suit le cours d’une rivière.

La végétation des berges, abondante et variée, est de 3 types :
- arborescent (frêne, peuplier, saule blanc, etc.)
- arbustif (fusain, troène, cornouiller, saules buissonnants, etc.) ;
- herbacé (ortie, "roseaux", etc.).

La répartition des essences se fait :
- au long de la rivière, au gré du climat et du sol ;
- de part et.d’autre de la rivière en fonction de la proximité de l’eau.
Les saules et les aulnes sont près de l’eau, les chênes en haut de berge et entre les deux sur le talus, frênes, peupliers, etc.

Ces berges jouent un rôle essentiel :
- elles filtrent les apports du bassin versant (en favorisant l’infiltration au dépend du ruissellement, en éliminant les nitrates, en fixant les phosphates).
· elles luttent contre l’érosion des terres agricoles en retenant les particules.
· elles filtrent les échanges entre la rivière et sa nappe d’accompagnement (nappe alluviale).
· elles retiennent les bois morts sur berge ou flottant lors des crues.


CingleLes berges sont maintenues :
- par les racines d’une végétation particulièrement adaptée au talus de berge et à la proximité de l’eau : saules, frênes, aulnes et même peupliers blancs, et la plupart des arbustes et des herbacées.
- par la présence d’herbes et arbustes dont les tiges et les feuilles, plaquées par le courant, protègent le sol de l’érosion.

GuêpierLors des crues, les végétaux font opposition au courant : dissipant son énergie, ils réduisent sa vitesse limitant l’érosion et la propagation des crues.
Les embâcles favorisent aussi le ralentissement du courant et la prévention des inondations graves en facilitant le fonctionnement des zones d’expansion.

Les berges sont également importantes pour :
- l’ombrage : les grands arbres procurent de l’ombre qui limite le réchauffement des eaux. L’Argens est un incomparable exemple de fraîcheur.
- le paysage : la bande boisée qui borde les cours d’eau est un élément structurant du paysage.
- la société : chauffage, fourrage, manches d’outils, conduites d’eau imputrescibles, etc. Aujourd’hui, la rivière est avant tout un lieu de loisirs.

Martin pêcheurEnfin, il convient enfin de noter le rôle des ripisylves dans le développement des espèces : En s’invaginant comme des doigts de gants entre des plateaux brulés l’été par le soleil et desséchés, elles ouvrent une continuité territoriale à des espèces animales et végétales beaucoup plus septentrionales, permettant des développements exceptionnels en climat méditerranéen, surtout quand leurs cours sont orientés est - ouest et offrent un ubac prolongé prenant ses origines aux confins des Alpes.

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