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Revue de presse

N° 111

Autour des falaises...

Muflier

Dès la préhistoire les abris sous roches, les grottes ont été occupés par les bêtes et les hommes. Et principalement les cavernes situées au pied des falaises exposées au sud.

Ces abris et ces habitats troglodytiques apportaient une sécurité à leurs occupants : leur accès était parfois difficile, les vents froids et violents du nord les épargnaient, le moindre ensoleillement réchauffait leurs abords. Le Var et plus généralement le Midi connaissent des centaines de sites de ce type. Certains ont fait l'objet de fouilles archéologiques poussées comme la Grande Baume près de Quinson dans le Verdon, où un musée de la préhistoire a été ouvert.

Dans le Midi ces lieux exposés au soleil, à l'abri du vent, orientés vers la mer sont appelés "petit Nice" ou cagnard, un mot qui en vieux français signifiait paresseux et qui chez nous, en Provence, est devenu l'abri où l'on paresse au soleil. Un mot proche du mot annamite cagna, abri, ramené d'Indochine par les militaires.

Des lieux qui, consolidés par l'empilement de quelques pierres, sont recherchés dès le printemps et pas seulement par les amoureux...

 

Certaines espèces s'y développent très bien comme le Genévrier de Phénicie, le pistachier (lentisque, térébinthe qui jadis produisait l'essence de térébenthine), le figuier, le micocoulier, l'amélanchier... toutes espèces qui doivent leur colonisation au transport des graines effectué par les oiseaux.
Le ruissellement des eaux, le vent sont quant à eux responsables de l'extension des pins, de l'alysson épineux, de la germandrée et de bien d'autres espèces (pariétaire judaïque, fumeterre grimpante, buis, laser, épiaire droite dont les feuilles servent à la préparation d'un succédané de thé, jusquiame blanche (belle et vénéneuse), phagnalon, iris, cétérach....

Les sedums et les mufliers sont parmi les plantes les plus caractéristiques de ces endroits. D'autres endémiques sont protégées comme la lavatère maritime présente dans les calanques, dans les parois comme au pied des falaises.

Là toute une petite faune de reptiles, mammifères, généralement invisible, a pris ses quartiers.

Si chacun sait que la baleine bleu est le plus gros mammifère au monde qui sait que la musaraigne étrusque, qui pèse moins de 2 grammes et se glisse dans des interstices de 14mm, est le plus petit mammifère au monde et vit ici ? Sa zone d'extension est le bassin méditerranéen. Mais comment sait-on où vit un animal invisible et qui, de plus, chasse surtout la nuit ?
Les naturalistes connaissent précisément ses territoires grâce à l'observation du contenu des pelotes de réjection des rapaces.Le crâne, caractéristique de cette musaraigne, se retrouvant dans ces pelotes, détermine sa présence et délimite sa zone d'habitat. Le Hibou grand duc dont la vision nocturne est très développée, est son principal prédateur.
Le dernier numéro de la Hulotte, le journal le plus lu dans les terriers, vous dit tout ce que vous voulez savoir, et plus encore, sur ce lointain parent.

 

Térébinthe

 

Musaraigne étrusque : 1,8 g seulement à l'age adulte

 

Dans les falaises, les courants ascendants d'air chaud caressent les parois, sustentent les oiseaux. Ceux ci bénéficient là d'espaces inaccessibles, de nids protégés. Les effets du gel s'y font moins sentir et, globalement, la végétation y connait une floraison précoce, tout en étant pas moins résistante car le sommet des falaises soumis aux vents violents abrite des plantes adaptées aux milieux arides et stérile des rochers.

Mais au pied des falaises, le randonneur n'a d'yeux que pour les oiseaux, leur plané, leur piqué, leur nichée. Les sites d'observations des espèces caractéristiques sont connus, répertoriés. Qui veut les observer, muni de jumelles, doit effectuer une approche discrète, silencieuse, et être patient.
Une bonne planque permet de suivre les vols et observer où régulièrement le rapace se pose. Là est son nid, là est la nichée. Il convient alors de s'en approcher et de planquer à nouveau pour trouver l'anfractuosité, la corniche à flanc de paroi où les menus rongeurs sont dépecés par des becs avides....

Ces rapaces se sont très bien adaptés à certains comportements de l'homme. En bord de route il n'est pas rare d'en voir posés sur un piquet de clôture en train de surveiller si un véhicule n'a pas laissé derrière lui quelque rongeur écrasé... La circulation routière, le bruit, perturbent moins cette faune que, hélas, l'usage des pesticides. Le rocher de Roquebrune qui surplombe la plaine de l'Argens, et l'autoroute, offre un bel exemple d'adaptation de quelques rapaces.

 

Dans les falaises nous rencontrons donc le Vautour percoptère, réintroduit dans le Verdon, un oiseau dont l'envergure peut atteindre 175 cm, au plumage blanc excepté au bord de fuite des ailes où il est noir, l'Aigle de Bonelli présent des calanques à l'Esterel, le Hibou grand duc, grand chasseur de musaraignes étrusques dont le chant bref et grave raisonne à la tombée de la nuit, l'Hirondelle de rocher qui niche en petites colonies, le Faucon crécerelle au cri caractéristique, haut perché et querelleur, le Grand Corbeau aux vocalises multiples et bruyantes.
Mais nichent également dans les parois en hiver le Crave à bec rouge au plumage bleu noir, l'Accenteur alpin, un petit oiseau gris aux flancs striés de roux, le Tichodrome aux ailes rouge-carmin, tous venus s'abriter des grands froids.

C'est la saison pour les observer, les admirer et les répertorier aussi. La Ligue de Protection des Oiseaux a ouvert pour cela un site interactif spécifique à notre région. Un but pour une sortie de plein air que peuvent partager petits et grands. C'est comme un cairn, à chacun de déposer sa pierre....

Bonnes observations et bonnes randos !

 

Hibou Grand Duc

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